Mis en avant

Déménagement et nouveau nom!

Depuis le 1er avril vous nous trouvez à la Rue de Bourg 6 à Lausanne.

Nous ouvrons le cabinet « SynaPsy » de neuropsychologie et psychothérapie. Une superbe équipe de neuropsychologues et psychothérapeutes vous accueille et répond à vos besoins et ceci à presque tous les âges ! Adultes, adolescents, enfants dès l’âge de 6 ans.

Nous nous réjouissons de vous accueillir dans nos magnifiques nouveaux locaux!

Mesures prises dans le contexte de l’épidémie de coronavirus

Nos consultations ont globalement repris selon un horaire normal depuis le 27 avril 2020. Les mesures suivantes sont toujours en vigueur:

  • Annulation de tout rendez-vous en cas de symptômes grippaux d’une des personnes impliquées (merci de prendre contact avec nous, même à la dernière minute, si cela devait être le cas);
  • Respect d’une distance d’au moins 2 mètres pendant les thérapies;
  • Désinfectant pour les mains à disposition dans nos bureaux et dans les salles d’attente;
  • Désinfection des mains avant toute manipulation de matériel et désinfection du matériel après chaque utilisation;
  • Désinfection quotidienne des poignées et des WC;
  • Bureaux équipés de dispositifs en plexiglas (notamment pour la passation des tests neuropsychologiques).

Groupes de méditation en pleine conscience

Il reste de la place dans nos groupes de méditation en pleine conscience!

Bien dans votre assiette, du 14 janvier au 10 mars 2020 de 19 à 21h00 (salle de Prilly)

Bien dans vos baskets, du 22 janvier au 18 mars 2020 de 19 à 21h00 (cabinet Psynap6)

MyMind, méditation en pleine conscience pour enfants / ados TDA-H et leurs parents, du 23 mars au 25 mai de 17h à 18h30 (cabinet Psynap6)

Groupes MyMind

Dès le mois d’avril, nous proposerons un nouveau programme de groupe pour enfants / adolescents TDA-H et leurs parents. Il s’agit du programme MyMind, permettant d’entraîner l’attention, le contrôle des impulsions et la gestion du stress par des exercices de méditation en pleine conscience.

Vous trouverez un dépliant informatif ici.

Tarifsuisse édicte des recommandations tarifaires pour l’examen neuropsychologique

Tarifsuisse (regroupant les 44 assurances maladies qui ne sont pas chez Curafutura) a enfin accepté d’édicter des recommandations concernant le décompte des prestations de diagnostic neuropsychologique dès le 01.07.2017 (donc avec effet rétroactif).

Comme décrit dans ce document (Circulaire 04/2019 de Tarifsuisse adressé à ses 44 assurances maladie), un tarif provisoire a été convenu à hauteur de 14.-/5min (sauf pour les 5 premières minutes de chaque séance qui sont facturées 16.-/5min).

Accepter ce qu’on ne peut changer : l’apport de la méditation

Méditer est en vogue, en témoignent les rayons de librairie entiers remplis de livres traitant du thème. Cette pratique intéresse les psys, qui en ont fait un outil thérapeutique qu’ils proposent parfois à leurs patients. Elle intrigue les chercheurs, qui publient un tas d’articles sur le sujet. A les croire, la pratique régulière de la méditation diminuerait le risque de rechute dépressive, améliorerait la gestion du stress et des douleurs chroniques, préviendrait les addictions, et doperait les capacités attentionnelles, et ce, à tout âge de la vie (voir cet article pour une revue récente de la littérature sur les bienfaits de la méditation).

Vous êtes peut-être, tout comme moi, plutôt sceptiques au départ. En quoi le fait de consacrer quotidiennement 20 à 40 minutes de son temps à ne RIEN faire pourrait être utile, quand on ne sait plus où donner de la tête, quand on peine à trouver l’énergie pour affronter tâches ménagères et journées de travail ?

Vous êtes peut-être, au contraire, motivés à essayer, persuadés que cette pratique va vous aider à aller mieux, à résoudre vos problèmes. En réalité, si vous vous lancez, vous risquez d’être déçus. Car la méditation ne changera pas vos problèmes. Elle vous aidera plutôt à changer votre rapport aux problèmes. Pratiquer la méditation régulièrement, c’est accepter l’expérience vécue, plaisante ou déplaisante. C’est apprendre à lâcher prise, à ne plus être dans l’action, mais dans l’observation. C’est s’entraîner à repérer les pensées automatiques, et s’en distancer.

Méditer n’est pas en soi une expérience agréable ou désagréable. Et contrairement à la relaxation, le but de cette pratique n’est pas d’accéder à la détente (même si parfois, c’en est la conséquence), mais d’observer les sensations qui se présentent à vous, sans les juger.

Comment faire si l’approche vous intéresse, mais que vous manquez de temps, d’énergie et de motivation pour vous y mettre sérieusement ? Personnellement, je ne pratique pas la méditation de façon régulière, même si j’aimerais y arriver, un jour. En attendant, je cherche à pratiquer quotidiennement de façon informelle, en m’efforçant d’être plus fréquemment pleinement consciente de l’instant présent, d’affuter mes sens et de développer mes capacités d’observation. J’essaie de pratiquer de temps à autre à l’aide de méditations guidées enregistrées ou lors d’ateliers ayant lieu le weekend. Cela me permet déjà d’avoir un autre regard sur les événements que je vis au quotidien, de fonctionner moins souvent en pilote automatique.

Si vous souhaitez en savoir plus, vous pouvez commencer par vous procurer un ouvrage traitant du sujet et proposant des exercices de méditation guidée. Pour n’en citer que quelques-uns :

Méditer pour ne plus stresser (Williams, Teasdale, Segal, Kabat-Zin, 2011)

Méditer pour ne plus déprimer (Williams, Teasdale, Segal, Kabat-Zin, 2009)

Pleine conscience et troubles de l’attention avec ou sans hyperactivité chez l’adulte (Zylowska, 2016)

Et pour les enfants :

Calme et attentif comme une grenouille (Eline Snel, 2012)

Vous pouvez aussi directement vous inscrire à un groupe de méditation guidée, d’orientation thérapeutique ou non, où les échanges entre les participants sont souvent riches d’enseignement. Si vous y allez sans attentes particulières mais avec un esprit d’ouverture et de curiosité, je doute que vous soyez déçus.

Vers une approche dimensionnelle dans le domaine de la santé mentale

De tout temps, les psychiatres ont cherché à établir des catégories diagnostic dans le domaine de la santé mentale. Cette approche catégorielle présente indéniablement de nombreux avantages. Pour les professionnels de la santé, cela permet généralement d’y voir plus clair et facilite grandement la communication entre intervenants. Cette approche constitue également un guide pour la prise en charge, qu’elle soit médicamenteuse ou orientée vers d’autres types de thérapies. En tant que patient, cela a un côté rassurant de pouvoir mettre un nom sur une souffrance, de s’identifier à un trouble dont d’autres personnes sont également atteintes, de pouvoir échanger et partager son vécu avec elles.

Pour faciliter ce travail de classification, des manuels ont vus le jour et ont été revisités au fil des dernières décennies. Le manuel de référence à l’heure actuelle est le DSM 5 (Manuel Statistique et Diagnostic des Troubles Mentaux, 5ème édition). Celui-ci recense plus de 300 troubles mentaux concernant des domaines aussi divers que les troubles neuro-développementaux, les troubles dépressifs, les troubles anxieux, les troubles des conduites alimentaires, les troubles de la personnalité, etc. Pour chacun des troubles présentés, l’ouvrage décrit une série de symptômes le définissant, un nombre minimum de ceux-ci devant être présents pour que le diagnostic puisse être posé. Il existe également des critères de durée (les symptômes doivent être présents depuis au moins 6 mois par exemple) et d’exclusion (les difficultés ne doivent pas être dues à un autre trouble de la santé mentale ou à l’abus d’une substance, etc.). Enfin, les symptômes doivent évidemment être à l’origine d’une souffrance réelle pour l’individu concerné ou pour son entourage.

Autant le dire, bien que cet ouvrage se veuille un outil facilitateur pour les professionnels et les patients, il y a de quoi se perdre dans les dizaines de catégories diagnostics et les centaines de symptômes qui y sont répertoriés. Ainsi, il se peut bien qu’une même personne soit diagnostiquée différemment par des professionnels qui n’arriveront pas à se mettre d’accord. Ou il se peut qu’elle n’entre tout simplement pas dans une catégorie donnée, ces symptômes étant trop « légers », ou parce qu’elle n’en présente pas suffisamment pour que le diagnostic soit formellement retenu. Il se peut aussi qu’elle présente différents symptômes à cheval entre plusieurs catégories sans forcément qu’on puisse retenir plusieurs diagnostics à proprement parler (c’est la question des comorbidités).

Voici un exemple concret qui permettra de mieux comprendre la problématique posée par l’approche catégorielle en psychiatrie. Dans ma pratique, je suis amenée à rencontrer de nombreuses personnes, de l’enfance à l’âge adulte, souffrant de difficultés attentionnelles et de concentration. La question qui se pose généralement est celle de l’origine de ces difficultés. Entrent-elles dans le contexte d’un TDAH ? Je peux rarement me prononcer avec certitude à ce sujet-là. Il s’agit d’un diagnostic délicat. Il n’existe pas de marqueur spécifique du TDAH sur le plan organique (on ne peut pas faire une prise de sang ou une imagerie cérébrale pour confirmer qu’il s’agit bien de ce trouble). Je me base évidemment sur les critères diagnostics du DSM 5. Mais je fais face à certains patients qui ne présentent pas suffisamment de symptômes pour retenir un TDAH, ou dont l’impact est présent sur le plan scolaire ou académique, mais pas dans d’autres domaines, ou enfin, dont les symptômes sont apparus après l’âge de 12 ans. Toutes ces conditions excluent ce diagnostic. Certaines des personnes que je rencontre souffrent de stress et d’anxiété. Sont-ils à l’origine du problème attentionnel, ou en sont-ils la cause ? Ou un peu des deux ? Comment faire la part des choses, quand les symptômes du TDAH et des troubles anxieux, si fréquemment associés, s’entremêlent ?

La réalité de ma pratique m’amène à me questionner sur la pertinence des catégories en psychiatrie. N’ont-elles pas un côté réducteur ? Que faire des cas-frontières ? Chaque individu est unique. Tout symptôme évolue sur un continuum. A quel moment quitte-t-on le normal pour entrer dans le pathologique ? Comme le soulignent Widakowich et al. (2013) : « Définir, c’est limiter. De façon constructive, pour décrire et nommer des phénomènes, pour informer, ou encore pour essayer de saisir leur essence. Mais d’une façon plus restrictive, pour limiter et réduire la complexité vivante des choses, pour découper et trancher une réalité en mouvement perpétuel » (lien vers l’article complet).

Cultiver une approche dimensionnelle en psychiatrie n’implique pas de rejeter entièrement l’approche catégorielle. Celle-ci permet bien souvent de constituer une base permettant d’utiliser un langage commun, et d’améliorer la compréhension de l’origine de certains troubles. Mais il est possible de s’en distancer parfois, afin de se centrer sur l’unicité et la complexité de chaque situation, de chaque personne affectée dans sa santé mentale. Il est possible d’envisager les symptômes variant sur un continuum (d’une personne ne présentant aucun trait d’impulsivité, à une personne ayant tendance à agir dans la précipitation, à une personne ayant des difficultés d’auto-contrôle majeures et agissant systématiquement dans l’urgence et sans préméditation). Et il primordial de garder en mémoire que rien n’est figé, que ces symptômes s’expriment plus ou moins intensément au cours de la vie, en fonction de facteurs personnels et situationnels. Personne ne devrait jamais se retrouver « enfermé » dans une catégorie psychiatrique.

Ce qu’un bilan neuropsychologique peut apporter à la compréhension du TDAH

On dit que le TDA-H se caractérise par des difficultés à se concentrer, en particulier sur des tâches longues, ennuyeuses ou demandant un effort soutenu, ainsi que par une agitation motrice, un besoin permanent de bouger, une impulsivité. Certaines personnes ont plus de difficultés à rester attentifs, tandis que pour d’autres, c’est l’hyperactivité qui prend le dessus.

La réalité clinique du TDA-H est selon moi beaucoup plus complexe. Il existe une forte hétérogénéité des symptômes présentés par les personnes atteintes. On passe souvent sous silence les nombreuses difficultés qui existent sur le plan des fonctions exécutives : les personnes ayant un TDA-H ont fréquemment de la peine à anticiper les délais, s’organiser dans leur vie quotidienne, initier une activité, réfréner leurs automatismes. Si ces symptômes-là ne s’observent pas encore dans la petite enfance, plus les exigences augmentent à l’école, et plus ils deviendront flagrants et problématiques, engendrant oublis de matériel, difficultés à estimer le temps nécessaire aux révisions et manque d’autonomie dans les devoirs.

Les critères diagnostic ne mentionnent pas non plus les difficultés en terme de mémoire de travail qui sont pourtant si fréquemment observées chez les personnes ayant un TDA–H. La mémoire de travail est comme la mémoire vive d’un ordinateur, elle nous permet de retenir une petite quantité d’informations sur un court laps de temps et d’effectuer un travail mental dessus. C’est ce que l’enfant est amené à faire en permanence à l’école: pour retenir une consigne complexe, faire un calcul mental ou prendre des notes.

Un bilan neuropsychologique cherche à dresser un tableau complet du fonctionnement cognitif. Il peut être effectué dans l’enfance, à l’adolescence tout comme à l’âge adulte. Effectué auprès d’un-e spécialiste reconnu-e, il permettra de mettre en lumière la nature des difficultés propres à la personne qui consulte, d’une façon beaucoup plus fine qu’un simple entretien le permettrait. Sur la base des résultats à cet examen, il est primordial que le/la neuropsychologue prenne le temps de discuter des conseils et aménagements possibles. Ces conseils seront alors personnalisés et basés sur le profil des faiblesses comme des forces relevées lors du bilan.

Il s’agit d’une démarche complémentaire à la médication. Une récente étude a ainsi montré que la combinaison d’un traitement médicamenteux et d’une approche thérapeutique de type comportementale réduisait plus efficacement les symptômes du TDA-H que la médication ou une thérapie isolées (Hinshaw, Arnold, and For the MTA Cooperative Group, 2015). Par ailleurs les médicaments n’agissent pas chez tout le monde (jusqu’à 30% des patients n’observeront pas de bénéfices ou souffriront d’effets secondaires), et ils n’agissent généralement pas sur tous les symptômes. Ainsi, il n’est pas rare que malgré une meilleure attention soutenue, une personne sous médication garde des difficultés à s’organiser dans sa vie quotidienne.